In English

De sa création en l’an 2004 à nos jours, le Centre Culturel sénoufo de Sikasso était confronté à un besoin crucial d’eau potable. Cette pénurie s’accentuait en saison sèche où l’accueil des usagers du centre et l’entretien de son jardin devenaient une charge lourde à porter. Grâce à l’appui de Missio Internationales Katholiches Missionswerk, ce problème est désormais résolu. Nous en sommes profondément reconnaissants. C’est aussi l’occasion de remercier tous nos amis suisses, les missionnaires d’Afrique (Pères Blancs) et tous ceux qui de prêt ou de loin luttent pour le progrès du Centre Culturel Sénoufo. À tous les futurs usagers de cette eau, nous faisons appel à plus d’attitude écologique, à plus du respect de notre mère, la nature. Confié à une entreprise sikassoise dénommée Sika-Service-Express-Sarl, ce projet s’est soldé par la réalisation de trois forages, dont un dans chacun des trois sites du centre, l’installation de trois pompes électriques, de deux grandes cuves de 2000 ml chacune et d’un château d’eau de 5000ml. La réalisation de ce projet vient renforcer les capacités des usagers du centre et réveiller l’aspect écologique qui sombrait. Enfin, l’abondance en eau potable sera certainement un atout pour les projets d’avenir.

Sikasso, le 2 juin 2019

Bruno Ssennyondo

Le Directeur

(English) Au cours de la matinée du Mercredi 08 mai 2019, une délégation de l’ambassade suédoise au Mali est arrivée au Centre. Quatre personnes dont Messieurs Désiré Ballo, chargé de programmes, Richard Bomboma, chef de la Coopération suédoise au Mali, Mats Ottosson, contrôleur et le chauffeur Faama Coulibaly. Il y a eu un échange fraternel entre la délégation et l’équipe du Centre représentée par Elie et Bruno. Ensuite, Elie leur a fait une visite guidée du musée du Centre. En fin d’après-midi, le tour était à la délégation de l’ambassade américaine au Mali composée entre autres de Mesdames Emma Moros, attachée culturelle de l’ambassade, Nathalie Sagara et de Monsieur Aboubacar A. Cissé chargé des affaires culturelles. Sur ceux s’ajoutent deux guides de la région, à savoir Demba Moussa Traoré de la direction régionale de la culture et Monsieur Bamba de la mission culturelle et chargé de la maison d’interprétation du Tata. Malgré la fatigue du jour, avant d’entamer la visite guidée du musée du Centre, il y a eu un échange avec l’équipe du Centre. Le Centre Culturel est toujours heureux de telles initiatives. On espère que ces visites ne sont qu’un début d’un partenariat durable et fructueux.

Sikasso, le 10 Mai 2019

Bruno Ssennyondo (Directeur du Centre)

English: La célébration de la journée de la résistance à Sikasso s’inscrit désormais dans une tradition. Sans pour autant vouloir se dissocier du monde entier qui célèbre la journée des travailleurs, en initiant cette activité, les sikassois ont à cœur de rendre un hommage mérité aux milliers de ses fils et filles qui ont péri en défendant l’indépendance et l’honneur du glorieux royaume de Kénédougou dont la capitale était Sikasso. Car, pour paraphraser le président de l’Antenne de Sikasso du RENEDEP (Réseau National pour l’Eveil Démocratique et Patriotique), ces figures légendaires demeurent un exemple de courage, de bravoure, d’abnégation et une source d’inspiration pour les sikassois en particulier et les maliens en général. En plus de la présence du Centre Culturel Sénoufo, cet événement était honoré de plusieurs autorités et notabilités de la ville de Sikasso. Nombreux des intervenants du jour ne cessaient de faire écho des phrases légendaires du roi Babemba Traoré « Plutôt la mort que la honte » ou encore « Un homme brave et un homme lâche doivent mourir un jour, l’un et l’autre ; (mais) il vaut mieux mourir bravement pour défendre son pays. » Le maire de la commune urbaine de Sikasso monsieur Kalfa Sanogo a saisi l’occasion pour appeler les sikassois à plus de vigilance. Oui à notre illustre valeur de l’hospitalité, dit monsieur le maire ; mais cela doit être accompagné de l’obligation de veiller sur son hôte. Car, il nous est arrivé d’être victimes de notre gentillesse aveugle, de notre naïveté.

Sikasso, le 07 Mai 2019

Bruno Ssennyondo (Directeur du Centre)

English

Du 12 au 14 avril 2019 a eu lieu festival sénoufo de Gouéné, dans le cercle de Kadiolo. L’objet principal de cette seizième édition du festival était de magnifier « le rôle de la femme en milieu Senoufo » Sur l’invitation de l’association organisatrice du festival, « Ciborogolaa » (un vocable sénoufo qui veut dire la fraternité), le Centre Sénoufo a animé une conférence et une exposition thématique d’objets culturels et de photos démontrant le rôle important de la femme dans la société sénoufo. L’intervention du Centre (representé par l’abbé Edouard C, Monsieur Yaya E. Bamba et le Père Bruno S), a fait ressortir entre autres le rôle joué par la femme dans les travaux domestiques, agricoles ainsi que la lourde charge de la maternité et l’éducation des enfants. Le public, voire les autorités, les ressortissants de Gouéné et la population locale ont manifesté un grand intérêt à cet évènement. Le parrain et marraine du festival furent respectivement, l’ex-premier ministre Hamed Mohamed Ag Hamani et Madame Sanogo Karidiata Coulibaly, Maire de Diomaténé et épouse de Kalfa Sanogo, le Maire de la commune urbaine de Sikasso et président de l’association pilote du Centre Sénoufo (Wu Nire). Enfin, une pensée particulière aux sponsors de ce festival : SAMA Transport, SOMYSY-SA et La Chaîne Grise.

Fait à Sikasso, le 17 avril 2019

Par Yaya Elie Bamba (Chargé du Musée du Centre)

In English Au soir du 11 avril 2019, une forte délégation des acteurs politiques et économiques allemands, accompagnés du président du Conseil Régional de Sikasso se sont rendu au Centre Culturel Sénoufo. C’était une occasion d’échanger avec cette audience pluridisciplinaire sur les activités et projets d’avenir du Centre. Cette même délégation a effectué plusieurs visites sur le territoire de la région de Sikasso et plus particulièrement les axes prioritaires du développement régional tels que l’unité de transformation d’Anacarde à Koumantou, station de conditionnement des mangues AOM (partenariat Public Privé avec le groupe GREENYARD : exportation de la mangue fraiche vers l’Europe) l’entreprise Keitala Négoce, l’Antenne Régionale de l’ANICT, et le Centre de Santé de Sido financé à travers le FNACT.

Sikasso, le 17 avril 2019

Bruno Ssennyondo (Directeur du Centre)

In English

A l’instar des quatre années précédentes, l’Institut de Formation Islamo-Chrétien (IFIC) de Bamako a effectué une visite d’étude au Centre Culturel Senoufo de Sikasso du 25 au 01 mars 2019. Il s’agissait de 11 personnes originaires de 8 pays : Mali, Côte d’Ivoire, Centre Afrique, Burkina Faso, Tchad, Benin, Guinée-Conakry, France. Encadrés par l’équipe du Centre Culturel Senoufo, plusieurs activités étaient à l’ordre de leur séjour. Parmi ces activités nous citons : - Les exposés sur les activités du centre culturel senoufo, la tradition orale (contes + devinettes) et le rôle des rites agraires en milieux traditionnel senoufo. - Les visites d’échange et de courtoisie aux différentes communautés religieuses de la région de Sikasso. - Projection des films sur le faits culturels et religieux. Il s’agissait des films qui visent à promouvoir de savoir vivre-ensemble en acceptant nos différences. - Moments de détente dans les sites touristiques et historiques de Sikasso et ses alentours. On se réjouit de cette collaboration gagnant-gagnant entre l’IFIC et le Centre. Car, la rencontre et le dialogue interculturel et interreligieux sont inévitablement devenus des attitudes prioritaires pour le bienêtre et le développement de notre pays le Mali et pour toute l’Afrique de l’Ouest.

Du 12 au 14 avril, le Centre Culturel Senoufo de Sikasso (CRSPCS) participera à la 16ème édition du festival sénoufo de Gouéné. Ne manquez les conférences et débats animés par le Centre et surtout ses expositions sur le thème du festival : le rôle de la femme en milieu sénoufo.

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Le Centre Culturel Sénoufo, un abri pour tous Paralysé par des grèves scolaires interminables, le Mali a du mal à sauver l’année académique 2018-2019. Le Centre Sénoufo ne cherche pas à savoir qui a tort ou qui a raison. Dans la mesure du possible, contre les vagues et marées, le Centre continue à s’intéresser à cette génération montante, qui en paye le prix le plus lourd aujourd’hui et qui en payera encore plus dans l’avenir. En effet, si l’on se désintéresse à cette couche si importante de la population, comment parlerons-nous de la sauvegarde et la promotion de la culture autochtone ? Oui, même avec nos moyens de bord, les salles d’accueil très rétrécies, les espaces d’animation limités, sous le soleil brulant et sur les intempéries, nous ne baissons pas le bras face à cette mésaventure. Merci aux nombreux établissements qui, de près et de loin continuent à rendre le Centre Culturel Sénoufo un abri pour tous sans distinction aucune. Vive l’école malienne.

Bruno S

Le Directeur du Centre

Sikasso, le 25 mars 2019 

Depuis sa première édition, la « Rentrée littéraire du Mali » est restée dans la capitale de Bamako. L’édition 2019 a mis fin à cette habitude en laissant s’étendre cette belle pratique culturelle jusqu’à Sikasso. Le Centre Culturel Sénoufo de Sikasso (CRSPCS) a participé aux activités de cet événement qui comprenait des Conférences - débats, cafés littéraires, lecture à haute voix, contes et dédicaces. C’était pour des nombreux auteurs, notamment les écrivains de l’équipe du Centre et leurs collaborateurs, une occasion de rencontrer et échanger avec leurs lecteurs.

L’ouverture de cet évènement grandiose qui a eu lieu du 19 au 23 février 2019 a été présidée par le gouverneur de la région de Sikasso et ses délégués. A cet évènement, le Centre Culturel Sénoufo a abrité des conférences et a également servi de logement pour certains étrangers venus pour la circonstance.

Dans les services sociaux, les établissements scolaires, dans les quartiers et des familles, les auteurs n’ont pas manqué d’édifier et interpeller leur audience sur le rôle urgent de mettre par écrit les trésors culturels africains enfuis depuis des siècles dans la tradition orale. Ne dit-on pas avec fierté que « chaque vieux qui meurt est une bibliothèque qui brûle » ? Mais, combien de bibliothèques faut-il réduire en cendres avant que l’on pense à sauver le peu qui nous reste ?

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Plus que jamais, notre société humaine a besoin de tout mettre en œuvre afin qu’il y ait un monde meilleur, là où règne :

- l’entente mutuelle entre les personnes sans distinction,

- le respect de la différence voulue par le Créateur en nous créant unique, dotés d’un teint particulier et bon qui ne se trouve nulle part ailleurs,

- l’harmonie entre l’être humain et la nature dont il constamment (mais souvent inconscient) bénéficiaire.

C’est dans cette optique que le Centre Culturel Sénoufo organise des différents ateliers socioéducatifs et culturels. De même, ledit Centre a fait paraitre une publication sur « les Koredugaw en milieu sénoufo » (Sanogo T.A et al., éditions Jamana, 2015, Collection Wu Nire). Les korèdugaw (bouffons) sont une société initiatique dans la société traditionnelle sénoufo qui a un rôle de régulateur basé sur la philosophie et des fondement moraux favorisant la cohésion entre membres de la société et entre la société humaine et la nature. C’est pourquoi il est au-devant de toutes les cérémonies sociales : les baptêmes, les mariages, les décès, lieux de guerres/conflits…

Par conséquent, nous vous proposerons des séances imagées (en image / dessins) de notre vie quotidienne qui démontrent combien et comment (même sans être de Korèdugaw), nous pouvons être des acteurs de la cohésion voulue par Dieu : des bâtisseurs de la paix dans notre société, des constructeurs des ponts entre des personnes et non des mûrs qui les séparent. Etant des situations et séances suffisamment familières, même sans comprendre la langue, on peut facilement saisir l’idée visée. Ainsi, pour le moment, dans la mesure du possible, nous vous livrerons ces séances imagées en trois langues : l’anglais, le bambara et le sénoufo.

Père Bruno S, MAfr. (P.B)

Directeur - Centre Sénoufo de Sikasso

PDF exemple en sénoufo

PDF exemple en bambara 

PDF exemple en français 

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Le début d’une nouvelle année civile a souvent tendance à ralentir le rythme des plusieurs activités. Cela n’a pas été le cas pour le Centre Culturel Sénoufo. Au contre, l’année 2019 vient propulser l’équipe du Centre et ses collaborateurs vers une vitesse supérieure dans l’engagement pour la promotion et la sauvegarde du patrimoine culturel africaine.

Ainsi, le Centre Culturel Sénoufo a été convié à l’atelier national de réflexion sur la restitution du patrimoine culturel africain. Cet événement a eu lieu à Bamako du 26 au 28 décembre 2018 au Palais de la Culture Amadou Hampâté Ba

Conscient que l’avenir dudit patrimoine culturel repose sur une jeunesse avisée, le Centre Culturel Sénoufo a renouvelé son initiative qu’il a entamée au cours de l’année 2018 de redonner à la jeunesse scolaire le goût de la lecture. Chaque jeudi après-midi, de 15H à 17H, gratuitement, le Centre ouvre ses portes à tout élève intéressé. Deux heures durant, le Centre met à la disposition des élèves des maitres qui les font découvrir l’art de la lecture tout en y incorporant les éléments de la culture. D’autres élèves sont aussi initiés à l’art plastique. Ces cours sont différents des séances d’animations ponctuelles qui s’organisent en lien étroite avec les établissements scolaires. 

Vive la lecture. Vive le patrimoine africain. Vive le Centre Sénoufo. 

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Face au taux croissant d’abandon de l’école, le Centre Culturel Sénoufo de Sikasso tente d’apporter sa contribution à travers ses ateliers multiformes. Ceux-ci visent non seulement à occuper positivement le temps libre des jeunes, mais aussi de compléter l’apprentissage formel qui est souvent figé et peu adapté aux besoins réels.

C’est le cas de l’atelier dénommé « Agri-Art » qui consiste à initier les jeunes aux techniques de l’art plastique tout en leur transmettant les valeurs d’une agriculture écologique. Ces ateliers ont souvent lieu les jeudis après-midi. C’était le cas du jeudi 22 novembre 2018 quand l’équipe du Centre a fait réfléchir une quarantaine des jeunes sur les bienfaits d’un oiseau presque sacré chez le peuple sénoufo : « le grand Calao ». Après l’enseignement et l’échange dirigés par Monsieur Elie Y. Bamba sur le grand calao, les participants ont procédé à la représentation artistique de l’oiseau. Un enthousiaste peintre Monsieur Mohamed Maïga a accepté de transmettre son savoir-faire aux artistes de demain.

Merci aux parents qui accompagnent leurs enfants jusqu’au Centre afin de participer à ces ateliers qui ne coûtent que la bonne volonté, mais qui ouvrent l’esprit de ces jeunes à l’univers d’autoréalisation.

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En ce novembre 2018 paraitra une nouvelle publication du Centre Culturel Sénoufo (CRSPCS) : Les rites agraires en milieu sénoufo, y compris le Ciwara. Il s’agit d’un domaine semblablement très familier mais qui reste intrinsèquement très peu connu. Cette publication est un résultat des recherches effectuées dans les régions de Sikasso, de Ségou et le district de Bamako.

En plus de la revalorisation du cimier emblématique qu’est le Ciwara, cet ouvrage nous fait découvrir le domaine agricole de la société traditionnelle sénoufo qui regorge des pratiques rituelles dont les valeurs sont inestimables. Ce sont des « pratiques cycliques » qui reposent sur un savoir commun, des conventions, des codes ou des mots de passe qui se cristallisent dans le sacré. Ils constituent une unité de stockage d’informations qui devraient être transmises de génération en génération.

Aujourd’hui, nous remarquons avec consternation que la modernisation galopante entraine de profondes mutations préjudiciables. Nous pensons que l’on peut trouver dans ces pratiques ancestrales des astuces qui permettraient de découvrir des valeurs cardinales pour un développement durable et plus écologique. Plus que jamais, nous avons tous le devoir de contrôler non seulement ce que nous consommons, mais aussi ce que nous produisons.

Cet ouvrage sera bientôt disponible à Sikasso, à Bamako, à Bobo-Dioulasso, Ouagadougou et un peu plus tard, à Abidjan. 

Madou Diakité, collaborateur de longue date du Centre Culturel Senoufo et chef de la division patrimoine culturel de la Direction Régionale de Sikasso, vient d’être nommé par Madame le ministre de la Culture à Bamako à la Direction Nationale comme Chef de la Division des Arts et Lettres.

Avant de regagner son nouveau poste, l’équipe du Centre a tenu lui exprimer sa reconnaissance pour son dévouement et son amour pour la culture. En effet, depuis l’an 2014, Monsieur Diakité a activement participé aux activités du Centre et fait partie de l’équipe de chercheurs du Centre. Il est co-auteur des plusieurs ouvrages publiés par le Centre, notamment :

- Le Royaume de Kénédougou et sa capitale Sikasso, 

- Les contes Sénoufo 

- Les Korédugaw (bouffons) en milieu sénoufo 

- Les devinettes sénoufos 

- La Monographie de quatre villages du Folona : Katon, Dioumatènè, Ouatialy et Lofiné. 

Il est aussi auteur d’une pièce théâtrale « la graine d’espoir pétrifiée » qui est une facette de l’immigration clandestine.

Le Centre est convaincu que le départ de Monsieur Diakité n’est qu’une question de distance physique. Car, sa passion pour la Culture fera toujours de lui indissociable du Centre Culturel Sénoufo. Félicitations à toi Diakité pour la confiance que la nation met en ta personne. Bon vent à toi et au plaisir de te revoir très souvent chez-nous, chez-toi.

Le 10 août 2018, le Centre Culturel Sénoufo et de nombreux passionnés de la culture se sont réunis autour de Monsieur Madou Diakité, auteur d’un livre intitulé « La graine d’espoir pétrifiée ». Il s’agit d’une pièce théâtrale sur une facette de l’immigration clandestine. En cinquante pages environ, l’auteur dénonce l’immigration clandestine qui arrache l’Afrique de ses bras valides. C’est aussi une mise en question du système éducatif malien mal adapté aux réalités actuelles et semblablement devenu une usine de fabrication des jeunes chômeurs.

Mise en scène par la Troupe Miiriya de Sikasso, la pièce théâtrale a déjà fait le tour de deux pays frontaliers, à savoir le sud du Burkina Faso (Bobo Dioulasso) et le nord de Côte d’Ivoire (Korhogo). Les autorités administratives et politiques de Sikasso ainsi que d’autres personnalités réunies dans la salle de conférence du Centre Culturel Sénoufo ont bénéficié d’une projection sommaire de l’ouvrage et des explications complémentaires par l’auteur. Les élèves acteurs qui font partie de la Troupe Miiriya restent positivement marqués et reconnaissants d’avoir participé à la campagne contre le fléau de l’immigration clandestine. C’était la toute première fois que ces élèves mettent leurs pieds sur scène. A travers cette pièce, ils avouent avoir beaucoup appris tant au niveau académique qu’au niveau de la formation humaine. Pour certaines d’entre eux, la troupe Miiriya leur a ouverts les yeux à une éventuelle carrière.

Le 08 mai 2018, plus d’une centaine d’enfants du jardin de la mission catholique de Koutiala accompagnés de leurs monitrices sont venus passer une journée de découverte et de détente au Centre Culturel Sénoufo de Sikasso (CRSPCS).

Répartis en trois groupes, les enfants ont passé un moment de découverte dans chacune des salles d’exposition du Centre. La place donnée à la tradition orale était une occasion pour les enfants de participer activement. Les contes et devinettes racontés ont permis aux enfants d’apprécier les données culturelles reçues de leurs parents et dont ils sont détenteurs sans le savoir. Pour rendre l’échange plus accessible aux enfants, l’équipe du Centre accompagnait ses interventions par une projection des images.

Grâce à la cour du Centre richement décorée, il y a eu suffisamment de temps accordé aux jeux sans pour autant oublier de déguster des repas somptueux et des boissons adorées des enfants. Le Centre est fier des parents et responsables des établissements scolaires qui accordent une place importante au fait culturel dans l’éducation de la jeune génération.

Le mardi 17 avril 2018 fut une journée de réflexion sur la promotion et la sauvegarde du Cicaara, un instrument de prédilection sénoufo en voie de disparition. Cette journée qui a rassemblé plus de cent trente (130) femmes joueuses du Cicaara venant de seize Communes de la région de Sikasso a eu lieu au Centre Culturel Sénoufo (CRSPCS). Le chef du cabinet du Gouverneur de la région de Sikasso a donné le coup d’envoi à la cérémonie. Présents étaient aussi des nombreux officiers des services étatiques et privés. Des artistes locaux tels que l’icône du balafon Souleymane Traoré (couramment connu comme Neba Solo) s’étaient rassemblés autour d’une joueuse du Cicaara d’une renommée montante, Namisseni Sanogo. Le nombre et l’application des participants aux activités de la journée étaient une preuve que le Cicaara occupe toujours une place de choix dans l’identité culturelle des sénoufos.

Cet instrument est d’office lié aux pratiques initiatiques de la femme traditionnelle sénoufo. Encore aujourd’hui dans certains villages, le Cicaara accompagne les cultivateurs pour les galvaniser, les inciter au travail bien fait et à la bravoure. Cependant, la modernisation galopante, les mutations sociales, la mécanisation de l’agriculture menacent de faire disparaitre ce trésor artistique et culturel.

Sénoufo en partenariat avec la Direction Régionale de la Culture a joué pleinement son rôle en soutenant de façon inconditionnelle madame Namisseni, une virtuose du Cicaara qui hiberne encore dans l’anonymat. La journée a été financièrement appuyé par la bonne volonté de Monsieur Adama Ballo et Madame Aramata Bagayogo, respectivement parrain et marraine de la cérémonie.

Le Centre Sénoufo continue de s’affirmer comme un lieu de recherche et de revalorisation des pans de la culture autochtone en voie de disparition. Cette année, le Centre se penche davantage sur les rites agraires en lien avec le symbole emblématique du Mali, le Ciwara.

Pour cette cause, l’équipe de recherche du Centre composée de Messieurs l’abbé Edouard Coulibaly, Yaya E. Bamba, Madou Diakité et le père Bruno Ssennyondo a parcouru des villages de Sikasso et ses alentours, les régions de Ségou et le district de Bamako pour recueillir les données historiques et culturelles auprès des personnes ressources de toutes catégories. Le Centre reste très reconnaissant envers toutes ces personnes qui le font confiance et acceptent de lui confier leurs connaissances précieuses.

En effet, plus on se met à la recherche de ce genre, plus on se rend compte du vide et manque grandissants chez l’homme d’aujourd’hui sur plusieurs sujets que l’homme d’hier maitrisait facilement. D’où l’importance de se jeter dans le bain le plutôt possible avant que les derniers dépositaires de ces connaissances ne disparaissent.

Le Centre reste fidèle aux animations socioculturelles au Centre même comme à l’extérieur. C’était le cas le vendredi 23 mars 2018 quand le Centre a accueilli pour toute la journée une centaine d’enfant entre 6 et 9 ans en provenance de l’école Lumière de Sikasso dans le quartier de Hamdallaye.

Les activités menées par l’équipe du Centre avec ces enfants tournaient autour de trois volets : 

- L’éveil à la connaissance et utilité des anciens objets de la culture, 

- La tradition orale africaine (contes et devinettes sénoufo) 

- Séances des dessins à partir des objets du Centre. 

Le Centre a été émerveillé par le bon niveau des enfants de cette école qui s’exprimaient aisément en français.

Diaporama de quelques photos : 

Fidèle à sa mission du dialogue interreligieux et interculturel, pour la troisième année consécutive, l’Institut de Formation Islamo-Chrétienne (IFIC) de Bamako a effectué un voyage d’étude à Sikasso, la 3e région du Mali. Cette équipe pluridisciplinaire était composée de 12 personnes (dont deux professeurs), venues de différents pays, notamment, le Mali, le Burkina Faso, la Côte d’Ivoire, le Togo, le Nigeria, la République Centre-Africaine et l’Italie. Au cours de leur séjour qui a duré cinq jours, plusieurs activités ont été menées. Dans le but d’une connaissance mutuelle, des rencontres d’échange avec les différentes communautés religieuses de Sikasso ont organisées.

Nous signalons tout particulièrement les rencontres avec les responsables de :

- L’Antenne Régionale du Haut-Conseil Islamique de Sikasso,

- La Grande mosquée de Fama 

- Les Responsables de la Communauté Evangélique protestante de Sikasso, 

- L’Evêché de Sikasso, chez Monseigneur Jean-Baptiste Tiama, 

- Le Presbytère de la Paroisse Catholique (Cathédrale) de Sikasso, 

Il était aussi question d’approfondir la connaissance de la religion traditionnelle africaine (RTA). C’est dans ce cadre que l’IFIC a bénéficié de : 

- L’exposé sur un pan de la tradition orale africaine en l’occurrence les contes et les devinettes. 

- La visite du Vestibule des Traoré, pour y rencontre les notables coutumiers 

- La Visite du musée du Centre Culturel Sénoufo (CRSPCS). 

Le séjour de l’IFIC au Centre Culturel Sénoufo comprenait aussi un temps de détente et de découvertes de Sikasso et ses alentours. Ici, nous retenons surtout : 

- Exposés sur l’Histoire du royaume du Kénédougou et sa capitale de Sikasso, 

- La visite de courtoisie des notables politiques à la Mairie Urbaine de Sikasso, 

- La visite du Palais de Kèlètigui, Général de guerre de Tiéba roi de Sikasso, 

- La visite aux chutes de Woroni à 60 kms de Sikasso, et 

- Les visites à d’autres sites touristiques comme les portes du Soudan, les monuments de deux assaillants : Samory Touré et Nankafali, son général de guerre. 

L’Équipe de l’IFIC est retournée à Bamako, satisfaite de son séjour à Sikasso, et plus particulièrement frappée par l’esprit fraternel avec lequel les différents groupes religieux, coutumiers et politiques les ont reçus. C’était des rencontres nourries par des attitudes sans lesquelles le dialogue interreligieux ne peut être porteur de fruits, à savoir l’ouverture et la franchisse des interlocuteurs. 

Nous disons merci à l’IFIC non seulement pour son intérêt et engagement pour l’entente entre tous les croyants, mais aussi pour la confiance faite au Centre Sénoufo de Sikasso. Merci aussi à l’équipe du Centre Sénoufo et ses collaborateurs qui n’ont ménagé aucun effort pour assurer un agréable séjour à nos fidèles partenaires.